jeudi, octobre 20, 2005

Incendie Toxique à Beziers


Libération, rubrique Terre,

Pollution. Résultats de l'étude officielle du sinistre du 27 juin.
Béziers : l'incendie de l'usine crache un cocktail de toxines

Hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), pesticides, dioxines, tel est le savoureux cocktail retrouvé aux abords de l'usine de pesticides SBM Formulation à Béziers. L'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) a prélevé et analysé des échantillons de terre et de végétaux trois semaines après l'incendie du site survenu dans la nuit du 26 au 27 juin. Et communiqué les résultats intermédiaires de ces études hier à Béziers.

«Nous avons pu reconstituer le parcours du nuage toxique», explique Philippe Hubert, directeur de l'Ineris. Des effets, réversibles, ont été modélisés sur 600 mètres et même jusqu'à 4 kilomètres autour du site. Quant aux produits toxiques recherchés, ils étaient bien au rendez-vous. Quand l'incendie éclate fin juin, il est 3 heures. Les pompiers interviennent vite mais il leur faudra plusieurs jours pour venir à bout du foyer. D'épaisses fumées se dégagent alors, transportant aux quatre vents des polluants chez les riverains, dans leurs potagers, sur les arbres et les pelouses. La préfecture indique alors que l'incendie ne présente aucun risque toxique pour la population, les prélèvements d'air révélant des résultats inférieurs aux seuils tolérés.

Fenêtres closes. Le quartier Montimaran, voisin de l'usine, n'a donc pas été évacué. Les 3 000 riverains ont été invités à rester chez eux, fenêtres closes. Pourtant, beaucoup ont ressenti des troubles respiratoires et oculaires ou des céphalées : 143 cas ont été signalés aux services médicaux de la ville. Pour les riverains et les associations, l'intervention de l'Ineris est jugée tardive. «Après l'incendie, il a plu, les polluants ont été lessivés et le lien de cause à effet entre l'incendie et le produit retrouvé est encore plus difficile à établir», explique le Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (MDRGF). D'autant que l'association a réalisé des prélèvements une semaine après le sinistre. Ils font apparaître des substances chlorées cancérigènes ou neurotoxiques, des perturbateurs hormonaux reconnus dangereux par le Centre international de recherche sur le cancer ou (Circ) ou l'Agence américaine de l'environnement (EPA).

Par ailleurs, d'autres analyses faites pour le compte de la mairie montrent la présence de HAP, mais à un niveau inférieur de moitié au seuil de référence (20 mg/kg), des dioxines (84,27 pg/g contre 1 000 pg/g, seuil de référence) et plusieurs composés organophosphorés. Comme les produits ne sont pas persistants, les valeurs ne sont pas significatives de ce qu'ont inhalé les gens dans les heures et les jours qui ont suivi le sinistre.

Aucune infraction. Ce sont ainsi 59 substances qui ont été repérées, dont 24 sont interdites d'utilisation en France. Mais il n'y a aucune infraction : SBM Formulation est spécialisée dans la fabrication et le stockage de produits phytosanitaires, fongicides et insecticides. Elle formule des pesticides qu'elle vend à l'étranger, notamment au Maghreb. Elle stocke donc des produits non autorisés en France, mais qui le sont à l'étranger. «Or l'incendie a diffusé ces pesticides dans l'environnement, à Béziers, exposant la population à leurs dangers», explique le président du MDRGF, qui demande que les produits non autorisés en France n'y soient pas stockés.

Par Laure NOUALHAT
jeudi 20 octobre 2005

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