mercredi, mars 30, 2005

Les phytosanitaires et la santé des professionnels agricoles.


Compte rendu de la conférence de presse (MSA) - 30 mars 2005 :« Les phytosanitaires et la santé des professionnels agricoles. Quelle prévention pour les risques ? ».

Nadine Lauverjat, chargée de mission au MDRGF, était présente pour assister aux exposés de JP Grillet, Médecine chef de l’échelon national de Santé au travail, A. Nicolay, Ingénieur conseil en prévention, chef de projet national phytosanitaire, P. Lebailly, chercheur du groupe régional d’étude sur le cancer .

Une première enquête épidémiologique de grande ampleur sur les liens entre pesticides et cancers est lancée cette année par la Mutualité Sociale Agricole (MSA) en France – étude co-financée en partie par … l’UIPP, à hauteur de 3% ; c’est certes peu mais suffisant pour donner la primeur des résultats à ces marchands de pesticides.
Bref, la MSA s’est associée au GRECAN (Groupe régional d’étude sur le cancer) et au Laboratoire Santé Travail Environnement (LSTE) pour lancer cette étude dans 12 départements français possédant un registre des cancers.
Le problème, c’est que cette étude est très partielle puisqu’elle ne concerne justement que les départements qui ont un registre du cancer soit 12 sur 97 ce qui est peu.
De plus, bien que pour la première fois cette étude prenne enfin en considération les salariés agricoles (alors qu’avant seuls les exploitants faisaient l’objet de suivis), elle laisse de côté les familles d’agriculteurs et en premier les plus sensibles : les enfants.
Résultats attendus pour 2008…
Au cours de la présentation de cette étude et du travail de la MSA, nous avons été heureux d’apprendre que cette dernière « s’investit dans de nombreuses études » sur
- le dithiocarbamates (fongicides). Concernant ce fongicide, la MSA se pose la question suivante « comment limiter les risques ? ». En effet, il semble que la MSA, par le biais de son réseau de vigilance « Phyt’Attitude », ait recueilli un bon nombre de plaintes. Alors voici notre réponse à destination de la MSA : la bonne manière pour en limiter les risques c’est de diminuer fortement ou même d’en stopper l’utilisation !
- la MSA se penche aussi sur des études françaises sur la neurotoxicité qui concluent à : « une fréquence plus fortes de troubles mnésiques et neuro-comportementaux » (Fiche MSA n°3bis - enquête Phytoner) ou encore à « l’existence d’une corrélation positive entre exposition prolongée aux pesticides et maladie de Parkinson … avec un risque de survenu de la maladie multiplié par 1,85 chez les professionnels » (Fiche MSA n°3bis- enquête cas/témoin Terre). Mais alors aux vues de ces études (et toutes celles déjà existantes sur ces questions), pourquoi remettre à plus tard les mesures de réduction d’utilisation des pesticides de synthèse?
En revanche, aucune étude « sérieuse » de prévue sur les autres pathologies liées à l’utilisation de certains pesticides. Rien sur la perturbation du système hormonal et les problèmes de stérilité et de malformations qui lui sont liés, rien sur l’immunotoxicité, ….,
Et quid des maladies dites bénignes comme l’asthme et autres allergies... ? rien de prévu non plus….
Cependant nous avons été heureux de constater qu’une des priorités de la MSA était de faire de la prévention primaire et de réduire les risques en amont en faisant la promotion de… la lutte intégrée… Allez, encore un petit effort et bientôt, la MSA fera la promotion de la production intégrée et même de l’agriculture biologique présentée comme garde-fou d’une vie saine et équilibrée. On peut rêver…
Articles sur l’étude
http://www.liberation.fr/page.php?


1 : Mutualité Sociale Agricole

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